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pourquoi des esclaves africains?
Avant de découvrir le monde de l'habitation et son fonctionnement, il convient de répondre à une question qui peut paraître surprenante: Pourquoi être allé chercher des esclaves en Afrique? Lorsque les Européens arrivent en Amérique, ils y trouvent des amérindiens.
16 décembre 1492. La conséquence de l'arrivée des Européens sur les populations amérindiennes. En effet, en plus d’être mis au travail forcé (encomienda) les amérindiens sont dépossédés de leurs terres souvent de manière violente et subissent le choc bactériologique (certaines maladies européennes étaient inconnues en Amérique et font des ravages). Le résultat est catastrophique et spectaculaire :
Nous ne disposons pas de graphiques précis sur la population amérindienne des Antilles mais la même évolution a du s'y produire.
Or, les besoins en main d’œuvre pour valoriser les conquêtes ne cessent d’augmenter et s’ajoute aux besoins des différents pays pour défendre leurs colonies, mais aussi en personnels qualifiés (tonneliers, maçons etc.) . C’est pourquoi les Etats européens font appel aux « engagés » : On les appelait alors les « trente-six mois ». Le 20 mars 1714, une ordonnance royale ordonna aux capitaines de navire marchand de transporter aux Amériques « depuis trois engagés jusqu'à six suivant le port de leurs vaisseaux ». Une surveillance se faisait tant au départ de la France qu'à l'arrivée. Une fois la période de trente-six mois écoulée, les engagés étaient libres d'acheter leurs terres, devenir censitaires, ou bien retourner en France s'ils le désirent.
Le P. Du Tertre, qui les a bien connus, a fortement dénoncé le sort qui leur était fait dans les premières années de la colonisation de la Guadeloupe dans son Histoire générale des Antilles habitées par les Français : «La dureté avec laquelle la plupart traitent les Français engagés qu' ils ont achetés pour les servir trois ans, est la seule chose qui me paraît fâcheuse ; car ils les font travailler avec excès, ils les nourrissent fort mal, et souvent les obligent de travailler en la compagnie de leurs esclaves, ce qui afflige ces pauvres gens plus que les peines excessives qu'ils souffrent. Il y a eu autrefois des maîtres si cruels qu'on a été obligé de leur défendre d'en acheter jamais, et j'en ai connu un qui en a enterré plus de 50 sur la place, qu'il avait fait mourir à force de les faire travailler, et pour ne pas les avoir assistés dans leurs maladies. Cette dureté vient sans doute de ce qu' ils ne les ont que pour trois ans, ce qui fait qu' ils ont plus de soin d' épargner les Nègres, que ces pauvres gens ; mais la charité des gouverneurs a beaucoup adouci leur condition par les ordonnances qu' ils ont faites en leur faveur.» En 1786, dans les Annales du Conseil souverain, à une époque où il y a encore des domestiques blancs, mais plus d'engagés, P. F. R. Des-salles nous donne une vision a posteriori : Population amérindienne décimée, échec de l’engagisme…restait la solution de l’esclavage importé.
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